Eurovision 2025 à Bâle : un défi sécuritaire à la croisée de trois pays

La sécurité autour du Concours Eurovision de la chanson constitue un défi de taille pour fedpol. L’évènement se déroule à une époque marquée par de nombreuses tensions géopolitiques et une menace terroriste accrue.

De la Messeplatz aux rives du Rhin, les visiteurs affluent en masse à Bâle pendant la deuxième semaine de mai 2025. La 69e édition du Concours Eurovision de la chanson, mais aussi les beaux jours printaniers et les nombreuses animations comme le Karaoke Tram et les concerts de rue attirent plus d’un demi-million de touristes dans cette ville située à un jet de pierre de la France et de l’Allemagne. L’Eurovision accueille 37 délégations d’artistes étrangers et 1 500 journalistes couvrant l’évènement en direct, tandis que près de 160 millions de personnes suivent le spectacle à la télévision. Les polices de Bâle-Ville et Bâle-Campagne sont fortement sollicitées, raison pour laquelle fedpol intervient en renfort.

fedpol pour la première fois à l’Eurovision

Pendant dix jours, les collaboratrices et collaborateurs de fedpol apportent leur soutien à la direction d’engagement bicantonale sur place, au cœur de l’action. Ils établissent des analyses de situation, soutiennent les enquêtes en lien avec l’étranger, coordonnent la coopération policière internationale et définissent des mesures de protection des personnes.

En collaboration avec les responsables d’engagement bâlois et l’organisateur de l’Eurovision, fedpol dirige également un briefing de sécurité visant à préparer une trentaine de représentants d’ambassades et consulats en Suisse à des scénarios de crise et à leur fournir toutes les informations nécessaires sur les mesures de sécurité mises en place.

Foyers de crise géopolitique

Les tensions géopolitiques – comme le conflit au Moyen-Orient – s’immiscent également dans des manifestations comme l’Eurovision. Ainsi, des attaques DDoS (Distributed Denial of Service) sont lancées contre plusieurs sites web suisses liés à l’édition 2025 de cet évènement. Leur objectif est de surcharger les sites web à l’aide d’un immense nombre de requêtes au point de les rendre inaccessibles. Cette action de perturbation serait le fait d’un groupe étranger opposé à l’interdiction du Hamas, qui entre en vigueur en Suisse lors de la deuxième journée des demi-finales.

Si les délégations de l’Eurovision ne bénéficient pas d’une protection en vertu du droit international public, certains de ses membres ont néanmoins des besoins plus importants en matière de sécurité, notamment l’artiste israélienne. La direction bicantonale de l’engagement veille à leur protection, tandis que fedpol entretient un échange continu avec les attachés de police des pays concernés ainsi qu’avec le Département fédéral des affaires étrangères.

Coopération avec Europol

La situation géographique du site de Bâle, dans la région des trois frontières entre la Suisse, l’Allemagne et la France, nécessite une coopération transfrontalière particulièrement efficace. À la demande de fedpol, Europol envoie sur place deux collaborateurs pour soutenir les forces de police, en particulier pour les enquêtes préliminaires et les analyses de situation.

Un exemple notable est celui d’un ressortissant français arrêté lors de son entrée en Suisse pendant la période de l’Eurovision. Lors du contrôle, il s’avère que cet homme fait l’objet d’un signalement dans le Système d’information Schengen. Après vérification auprès d’Europol et des autorités signalantes à l’étranger, il est confirmé que le prévenu a déjà été condamné à une peine de prison en France pour avoir planifié un attentat terroriste. fedpol transmet cette information aux autorités partenaires, qui veillent à ce que le Français ne puisse pas entrer en Suisse. 

À l’issue de ces dix jours passés à Bâle, l’équipe de fedpol peut se féliciter d’avoir mené à bien sa mission. Le succès de ce projet pilote est prometteur pour les engagements à venir.

« L’emplacement géographique de l’évènement, les tensions géopolitiques et l’énorme attention médiatique constituent pour nous, les autorités de sécurité, une accumulation de défis. Dans un tel contexte, il est d’autant plus important d’assurer une excellente planification, une collaboration efficace et une mise en œuvre sans heurts des mesures de sécurité ».

Benedikt, chef suppléant du Domaine de direction Coopération policière internationale

Pas de travail de police sans échange d’informations